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On Ravale

la rédaction

Ravalement en deux tranches : ce que le devis doit garantir

Étaler un ravalement sur deux exercices est souvent la bonne décision, si le devis tient le prix et la garantie. Les clauses à écrire, et où tracer la limite.

•Le devis / 16 min de lecture

Angle de maison où un enduit neuf rejoint un enduit ancien, la limite tombant exactement sur l'arête.
La limite entre deux tranches se place là où l'œil s'arrête déjà : un angle, un décrochement, un changement de matériau.

Le devis global dépasse ce que vous pouvez sortir cette année. L'entreprise vous propose alors quelque chose de raisonnable : faire la moitié maintenant, l'autre moitié l'an prochain. Vous respirez. Le projet redevient possible.

Il l'est, effectivement. Le phasage d'un ravalement est une pratique courante et parfaitement légitime — c'est même souvent la meilleure décision quand l'alternative est de ne rien faire ou de rogner sur la qualité. Mais un chantier en deux tranches n'est pas un chantier ordinaire coupé en deux. C'est un engagement à long terme entre vous et une entreprise, sur un prix, sur un aspect et sur une garantie, et rien de tout cela ne va de soi douze ou dix-huit mois plus tard.

Ce qui protège, ce n'est ni la confiance ni la poignée de main. C'est ce qui est écrit dans le devis au moment où vous signez la première tranche. Cet article dit exactement quoi y faire figurer.

Les cinq risques propres à un chantier en deux tranches

Avant de savoir quoi écrire, il faut savoir contre quoi on écrit.

Le prix de la seconde tranche. Un devis a une durée de validité, au-delà de laquelle l'entreprise n'est plus tenue. Si votre seconde tranche est réalisée bien après, rien ne garantit son prix — sauf si le document le prévoit. Le mécanisme de la validité est expliqué dans combien de temps un devis de ravalement reste-t-il valable ; retenez qu'un prix annoncé n'est pas un prix garanti dans la durée.

Le raccord d'aspect. C'est le risque le plus visible et le plus définitif. Deux enduits de la même référence, appliqués à un an d'intervalle, par des conditions différentes, peuvent ne pas offrir exactement le même rendu. À quoi s'ajoute le vieillissement de la première tranche pendant que la seconde attend. Le raccord entre les deux, si vous l'avez placé au mauvais endroit, restera lisible.

La disponibilité de l'entreprise. Elle a pris un autre marché, elle a changé d'équipe, elle a cessé son activité, son gérant est parti à la retraite. Un an, dans une petite entreprise de bâtiment, c'est long.

La garantie et son point de départ. Deux tranches, ce sont potentiellement deux réceptions, donc deux points de départ de garanties. Vous vous retrouvez avec une maison dont les deux moitiés ne sont pas couvertes jusqu'à la même date.

Le coût de l'installation, payé deux fois. L'échafaudage, le transport, le montage, les protections, la remise en état. Ces postes ne se divisent pas en deux : ils se dupliquent, en partie ou en totalité. C'est le coût réel du phasage, et il doit être connu avant de décider. L'arbitrage entre tout faire d'un coup et étaler est traité dans faut-il tout faire d'un coup ou phaser les travaux.

La forme du document : un seul devis, deux tranches

C'est la première décision, et elle commande tout le reste.

Ce qu'il ne faut pas faire : signer un devis pour la première tranche et « voir plus tard » pour la seconde. Vous n'avez alors aucun engagement sur la suite. Vous êtes exactement dans la situation de quelqu'un qui recommencera tout dans un an, sans aucun des avantages du phasage, et avec le raccord d'aspect en prime.

Ce qu'il faut faire : un document unique, décrivant l'ouvrage complet, découpé en deux tranches identifiées. La première est ferme : elle est commandée, datée, payée selon son échéancier. La seconde est conditionnelle : elle est décrite, chiffrée, et son déclenchement dépend d'une décision que vous prendrez, dans un délai fixé.

Ce que la seconde tranche doit comporter, dans ce document :

  • son contenu détaillé, au même niveau de précision que la première : surfaces, support, traitement préalable, système, finition, teinte et sa référence exacte ;
  • son prix, exprimé de la même manière que la première, avec la même unité de compte — le choix entre forfait et prix au mètre carré n'est pas neutre ici, et ses conséquences sont développées dans devis de ravalement au forfait ou au mètre carré ;
  • la date limite à laquelle vous devez confirmer, et la forme de cette confirmation ;
  • la période de réalisation prévue une fois la confirmation donnée ;
  • ce qui arrive si vous ne confirmez pas : l'entreprise est libérée, et vous n'êtes redevable de rien.

La clause de prix : le cœur du sujet

C'est la clause pour laquelle on écrit un devis en deux tranches, et celle qui est le plus souvent bâclée.

Trois formulations possibles, par ordre de solidité décroissante pour vous.

Le prix ferme et non révisable. L'entreprise s'engage sur le montant de la seconde tranche, quelle que soit l'évolution de ses coûts, à condition que vous confirmiez dans le délai convenu. C'est la formule la plus protectrice. Une entreprise l'accepte d'autant plus volontiers que l'écart de temps est court et qu'elle a une bonne visibilité sur ses approvisionnements. Demandez-la en premier : on ne l'obtient jamais sans la demander.

Le prix révisable selon une formule écrite. L'entreprise accepte de s'engager, mais indexe son prix sur l'évolution d'un indice professionnel. Cette formule est acceptable à trois conditions strictes : que l'indice soit nommé précisément et qu'il soit public ; que la formule de calcul figure en toutes lettres dans le devis, avec les dates de référence ; et que vous sachiez où consulter cet indice vous-même. Un devis qui écrit « prix révisable selon l'évolution des coûts » sans autre précision ne vous engage à rien de connu : refusez cette rédaction et demandez la formule.

Le prix indicatif, à reconfirmer. C'est-à-dire aucun engagement. À n'accepter que si vous savez que la seconde tranche est incertaine de toute façon, et à considérer comme une simple estimation.

Une question à poser, quelle que soit la formule retenue : que se passe-t-il si le régime de taxe applicable change entre les deux tranches ? Le prix annoncé s'entend-il avant ou après taxe, et qui supporte l'écart ? Faites-le écrire.

Le raccord d'aspect : ce qui se garantit et ce qui ne se garantit pas

Soyons précis, parce que c'est le point sur lequel les propriétaires sont le plus souvent déçus.

Ce qui peut être garanti : que le même système, la même référence de produit et la même teinte seront employés ; que la finition sera exécutée de la même manière ; que l'entreprise réalisera une surface d'essai de raccord et vous la soumettra avant de poursuivre.

Ce qui ne peut pas être garanti : que les deux tranches seront strictement identiques à l'œil. Personne ne peut le promettre honnêtement. Les conditions d'application, l'hygrométrie, le lot de fabrication et le vieillissement de la première tranche jouent tous.

Ce qui règle le problème en pratique : le tracé de la limite entre les tranches. C'est la décision technique la plus importante de tout le phasage, et elle vaut plus que toutes les clauses.

La règle : on ne coupe jamais au milieu d'une surface visible. On coupe à un endroit où l'œil s'arrête de toute façon.

  • à un angle du bâtiment, sur une arête franche ;
  • à une rupture de plan : un retrait, un décrochement, une avancée ;
  • à un joint de dilatation existant ;
  • à une limite d'élément architectural : bandeau, corniche, encadrement, chaînage ;
  • à la limite d'un matériau différent : un soubassement, un bardage, une partie en pierre apparente.

Ce qui découle de cette règle : le découpage des tranches est d'abord un choix technique, et seulement ensuite un choix de budget. Il arrive qu'une tranche « logique » du point de vue de l'argent soit inacceptable du point de vue du raccord. C'est à l'entreprise de vous le dire, et à vous de le demander si elle ne le dit pas. Un exemple concret de découpage par façade, avec sa logique, figure dans la façade sur rue d'abord, la cour arrière ensuite.

Et une clause utile à faire écrire : que l'entreprise conservera la référence complète du système, de la teinte et, si possible, un reliquat de produit ou un échantillon de la première tranche, pour comparaison à la seconde. Cela ne coûte rien et cela sauve des discussions.

Les garanties : deux tranches, combien de points de départ ?

Question mal connue et conséquente.

Chaque tranche donne lieu à sa propre réception, en principe, avec son procès-verbal et ses réserves. Le point de départ des garanties suit la réception. Concrètement, la première moitié de votre façade sera couverte jusqu'à une date, la seconde jusqu'à une autre.

Ce qu'il faut faire écrire :

  • que chaque tranche fera l'objet d'une réception formelle, avec procès-verbal ;
  • que l'entreprise fournira, à chaque tranche, une attestation d'assurance en cours de validité à la date de réalisation — c'est essentiel, car une attestation valable pour la première tranche ne l'est pas nécessairement un an plus tard. Voir les assurances d'un ravalement : ce que couvre quoi ;
  • que les réserves de la première tranche seront levées avant le démarrage de la seconde, ou à défaut reprises expressément dans le nouveau document.

Un point de vigilance : ne laissez pas la première réception traîner en attendant la seconde tranche. Certains propriétaires diffèrent la réception « puisque le chantier n'est pas fini ». C'est une erreur : sans réception, les garanties ne démarrent pas, et vous restez dans un état intermédiaire pendant un an.

Ce que le devis doit dire de l'installation de chantier

Le poste qui se duplique doit être visible, tranche par tranche.

  • L'échafaudage : monté et démonté pour chaque tranche, ou maintenu entre les deux — cette seconde hypothèse existe rarement et coûte cher en location ;
  • le transport et l'installation, chiffrés séparément pour chaque tranche ;
  • les protections et la remise en état des abords, également ;
  • les autorisations d'occupation éventuelles, à renouveler.

Demandez explicitement le montant du surcoût dû au phasage. La question se pose ainsi : « quel est l'écart entre votre prix pour un chantier réalisé en une fois et la somme des deux tranches ? » Cet écart est le prix de votre étalement. Vous ne pouvez pas décider intelligemment sans le connaître, et vous ne le trouverez que chez votre entreprise.

Le calendrier, et ce qu'il engage

Les dates d'une seconde tranche sont plus fragiles que celles d'une première, parce qu'elles sont lointaines. Ce qui peut néanmoins être écrit :

  • une période de réalisation, exprimée en saison ou en mois, plutôt qu'une date au jour près ;
  • un délai entre votre confirmation et le démarrage, qui est l'engagement réellement utile ;
  • une clause précisant ce qui arrive en cas de report à votre initiative, et en cas d'indisponibilité de l'entreprise.

La portée réelle d'une date inscrite sur un devis est examinée dans dates de début et de fin d'un ravalement : ce que le devis engage. Un chantier en deux tranches ne change pas la nature de cet engagement ; il en allonge simplement la portée.

Ce qui se passe entre les deux tranches, et qu'il faut anticiper

Une année sépare les deux moitiés de votre façade. Ce n'est pas un temps mort : c'est une période pendant laquelle des choses se produisent, et certaines vous concernent.

La partie non traitée continue de se dégrader. Si elle présentait déjà des désordres, ils progressent. Ce qui était une reprise localisée peut devenir une reprise étendue, et le prix chiffré à l'origine ne correspondra plus au travail à faire. Faites écrire au devis ce qui se passe si l'état de la seconde tranche a évolué : l'entreprise constate-t-elle contradictoirement avec vous, propose-t-elle un avenant, et sur quelle base ? Une clause qui prévoit un constat commun avant le démarrage de la seconde tranche évite la mauvaise surprise du premier jour.

La partie traitée s'installe. C'est plutôt une bonne nouvelle : vous voyez vivre le résultat pendant un an, par tous les temps, et vous savez avant la seconde tranche si la teinte vous convient, si l'aspect tient, si un détail vous gêne. Profitez-en pour noter ce que vous voudriez faire différemment. Un changement de finition entre les tranches est possible, mais il se décide avec l'entreprise et il aggrave le raccord : ne le faites qu'avec une raison sérieuse.

Les protections provisoires. Si la coupure laisse un arrêt d'enduit exposé, une arête vive, un support à nu en attente, demandez ce qui est prévu pour le protéger pendant l'intervalle. Une bande d'arrêt provisoire n'est pas toujours prévue au devis et devrait l'être.

Et gardez le dossier vivant. Devis, procès-verbal de première réception, attestations, photographies, références exactes des produits, coordonnées de l'interlocuteur. Rangés ensemble, dans un endroit dont vous vous souviendrez dans quatorze mois.

La liste de contrôle, avant de signer

Reprenez le devis et vérifiez que chacun de ces points y figure. Un point manquant est un point à demander, pas un détail.

  • Un document unique décrivant l'ouvrage complet, avec deux tranches identifiées.
  • Le contenu détaillé de chaque tranche, au même niveau de précision.
  • Le prix de chaque tranche, et la nature de l'engagement sur celui de la seconde : ferme, indexé selon une formule écrite, ou indicatif.
  • La date limite de confirmation de la seconde tranche et la forme de cette confirmation.
  • La période de réalisation et le délai entre confirmation et démarrage.
  • Le tracé exact de la limite entre les tranches, décrit par écrit et repéré sur un croquis ou une photographie annexée.
  • L'engagement d'employer le même système, la même référence et la même teinte, et de conserver l'échantillon.
  • La réalisation d'une surface d'essai de raccord soumise à votre accord avant poursuite.
  • Une réception formelle par tranche, avec procès-verbal.
  • Une attestation d'assurance valable à la date de chaque tranche.
  • Le détail des postes d'installation dupliqués, chiffrés par tranche.
  • Le surcoût global du phasage, exprimé en clair.
  • Ce qui se passe si l'état du support a évolué entre les deux tranches.

Si l'entreprise trouve cette liste excessive, expliquez-lui simplement pourquoi vous la demandez : vous vous engagez avec elle sur plus d'un an, sur un ouvrage dont l'aspect final se jugera d'un seul regard. Les entreprises habituées aux chantiers phasés reconnaissent ces points, parce que ce sont ceux qui leur ont posé problème par le passé.

Questions fréquentes

L'entreprise refuse de s'engager sur le prix de la seconde tranche. Est-ce un mauvais signe ?

Pas nécessairement. Une entreprise qui ne maîtrise pas ses coûts d'approvisionnement à long terme peut refuser en toute bonne foi, et un refus honnête vaut mieux qu'un engagement qu'on ne tiendra pas. Ce qui compte, c'est ce qu'elle propose à la place : une formule d'indexation écrite et vérifiable est une réponse ; « on verra à ce moment-là » n'en est pas une. Si aucune entreprise consultée n'accepte de s'engager, interrogez-vous plutôt sur la durée de l'écart entre vos deux tranches.

Puis-je changer d'entreprise pour la seconde tranche ?

Vous le pouvez, si votre devis vous laisse libre de ne pas confirmer. Mais mesurez ce que vous perdez : la continuité d'aspect, la connaissance du support, et l'unité de responsabilité. Une entreprise appelée à raccorder le travail d'une autre est en position délicate et le fera savoir dans son prix. Ne changez que si vous avez une raison sérieuse.

Faut-il payer un acompte sur la seconde tranche dès la signature ?

Non, et c'est une demande à discuter fermement. Un acompte se justifie au démarrage d'une tranche, pas un an avant. Si l'entreprise souhaite une contrepartie à son engagement de prix, elle peut demander une confirmation ferme dans un délai court plutôt qu'un versement anticipé.

Comment savoir si le surcoût du phasage vaut la peine ?

Comparez-le à ce que l'étalement vous permet : éviter un emprunt, préserver une épargne, réaliser des travaux mieux plutôt que moins bien. Le surcoût est un fait ; ce qu'il achète est une décision. Ce qui n'est jamais raisonnable, en revanche, c'est de phaser sans connaître ce surcoût.

Peut-on faire trois tranches, ou davantage ?

Techniquement oui, économiquement rarement. Chaque tranche duplique l'installation, multiplie les raccords et les réceptions, et allonge la période pendant laquelle votre maison est en travaux. Au-delà de deux tranches, il devient souvent plus sensé de reporter l'ensemble d'un an et de le réaliser en une fois.

Que faire si l'entreprise disparaît entre les deux tranches ?

Vous ne pouvez pas l'empêcher, mais vous pouvez en limiter les effets : faites réceptionner la première tranche, conservez le procès-verbal, l'attestation d'assurance, les références exactes du système et de la teinte, et si possible un échantillon. Avec ces éléments, une autre entreprise peut reprendre la suite dans des conditions acceptables. Sans eux, elle repart de zéro et le raccord devient un problème.

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